Pourquoi un blog sur le management et le marketing ?

" Il n'est de richesse que d'hommes"
(Jean Bodin - 1576)
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 Mondialisation de l'économie, globalisation des activités, délocalisations, patriotisme économique, éthique et citoyenneté de l'entreprise, développement durable,.... autant de thématiques et de débats qui caractérisent la place centrale et grandissante de l'activité de l'entreprise dans notre société moderne.
    A l'image du concept de mondialisation, l'entreprise est souvent mise en accusation et sert de prétexte à de nombreux discours tout aussi idéologiques que simplistes.
Que ce soit sur un plan macro-économique ou au niveau de l'entreprise, c'est avant tout le problème de la régulation qui se pose : le "laissez faire, laissez aller" cher à Adam Smith, à l'origine de logiques accumulatives et donc d'inégalités et  de fractures,  est le cadre d'évolution dominant des modes de gouvernance et de pilotage des entreprises modernes. Dans le même temps, l'entreprise et le circuit économique ont besoin de marché.
    Ce weblog cherche à créer un espace de réflexions et d'échanges citoyens (parmis bien d'autres) pour partager notre vision, nos expériences en matières de management de l'entreprise et de ses modes de pilotage.
    Professeur d'économie-gestion et en particulier de marketing, une rubrique "le marketing en débats" permettra notamment de réfléchir au rôle, à la place et aux modes d'expresion de cette fonction et de son impact sur la société.
Mercredi 14 juin 2006

 Les débats autour du plombier polonais lors de la dernière campagne référendaire européenne et les drapeaux bleu blanc rouge hissés au nom "du patriotisme économique" lors de l'OPA inamicale de l'Indien Mittal sur Arcelor furent une nouvelle fois l'occasion de débattre à charge contre la mondialisation ( en particulier de la part de nos élites politiques) .
Que de passion et d'hypocrisie dans des interventions où il est si simple d'accuser un phénomène qui s'impose à tous et de trouver là un alibi idéal pour cacher des manquements et flater les egos nationalistes.
  Pour dépassionner le débat, le CEPII (Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales) a mis en place une série de débats sur la mondialisation (informations sur www.rdv-mondialisation.fr). C'est l'économiste Daniel Cohen qui a débuté ce cycle de conférences dont l'objectif est d'analyser la mondialisation en sortant des poncifs et des discours simplistes.
    Dans un article du MOCI (le MOniteur du Commerce International), Sophie Creusillet, reprend quelques exemples qui illustraient l'intervention de Daniel Cohen.
    Ces illustations démontrent bien la complexité du phénomène mondialisation dont la réalité des effets (positifs comme négatifs) et des formes d'expression dépassent bien le simplisme des discours propagés :

Illustration 1 : Le parcours d'une paire de Nike "Air Pegasus"

  • - Prix de vente Etats-Unis : 70 dollars
  • - Salaire ouvrier indonésien : 2,75 dollars
  • - Coûts de fabrication, matières 1ères, énergie et droits de douane : 13 à 14 dollars
                   A son arrivée à Los Angelès, la paire de chaussures revient entre 16 à 17 dollars
  • - Publicité, marketing : 17 dollars
  • - Frais distribution et marge : 35 dollars
    A travers cette illustration, D. Cohen démontre le bouleversement de la chaîne de valeur où le maillon fabrication ("le faire ou le faire-faire") compte beaucoup moins que "le faire désirer" et que la prescription (c'est à dire mettre les chaussures aux pieds des consommateurs).
On assiste également à une nouvelle division internationale du travail avec le manufacturier qui est sous traité, voire externaliser et les deux autres maillons de la chaîne de valeur qui restent le "pré carré" de l'entreprise  ( ou plutôt devrait-on parler de marque) car véritablement à l'origine de la création de Valeur Ajoutée

Illustration 2 : L'emploi industriel en France.

    Cette illustration part d'un constat : au cours des années 90, les emplois industriels ont baissé d' 1/3. Environ 10 à 15 % de ces emplois perdus relèveraient de la mondialisation. La majeure partie de la perte d'emplois dans ce secteur s'explique à la fois par la désindustrialisation de notre économie et par un nouveau paradigme technologique : l'informatique.
Cette révolution technologique a bouleversé les modes de fonctionnement des entreprises en particulier en morcelant aux quatres coins de la planète la chaîne de valeur de leurs activités.


    Ces constats et illustrations ne metttent pas la mondialisation à l'index mais caractérise bien notre incapacité à repenser nos politiques industrielles et structurelles dans un monde où tout va plus vite et où les PVD d'hier apparaissent comme les géants et chefs d'orchestre économiques de demain.
Mais c'est si simple et si tentant de dire "c'est la faute à la mondialisation"...






Par Lécrivain - Publié dans : La mondialisation en débats
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